Pour l’année 2018/2019 l’association Robots! ouvre une nouvelle cession du programme Rob’Autisme

Du 7 novembre 2018 au 22 mai 2019 : Inscriptions 

Rob’Autisme propose un accompagnement utilisant des robots Nao (SoftBank Robotics) et basé sur la médiation culturelle et artistique. Les ateliers se déroulent sur 20 séances qui alternent 10 séances de préparation (enregistrement de la voix, constitution du décor, etc.) et 10 séances de programmation robotique. Un spectacle est préparé et présenté à un public plus large lors d’une 21ème séance.

A l’origine, Rob’Autisme est la rencontre entre le monde de la psychothérapie, le monde de la robotique et celui des arts. Depuis plusieurs années, le CHU de Nantes (et plus précisément son hôpital de jour, le Centre psychothérapique pour grands enfants et adolescents) proposait un atelier sonore auprès de jeunes autistes mené par l’orthophoniste Rénald Gaboriau. En 2012, suite à la rencontre avec Stereolux, espace de création et de diffusion destiné aux musiques actuelles et aux arts numériques, cet atelier a intégré l’intervention de l’artiste sonore Cécile Liège. Aujourd’hui l’association souhaite pérenniser le projet et l’ouvrir à l’ensemble des jeunes présentant des troubles du spectre autistique ; pour ce faire un nouveau partenariat a été mis en place.

/ Bibliographie : autisme et robot, un contexte international

  • Projet Aurora, 1998. Initié par le Professeur Kerstin Dautenhahn, UK. Augmenter les capacités d’engagement social d’enfants autistes.
  • Projets Keepon et ESRA, 2005. Keepon, initié par Professeur Hideki Kozima, Tokyo. ESRA, initié par Professeur Brian Scassellatti, US
  • Lego MindStorms NXT, 2010. Initié par Professeur Sandra Costa, Portugal.
  • Lego Trevor, 2010. Initié par Professeur Mark B. Colton, USA
  • Nao, 2011. Initié par Professeur J.C.C. Gillesen, Pays-Bas. Imiter un mouvement, répondre à une demande d’aide, auto-initiation, attendre son tour, résoudre un problème.
  • Robokind, 2012. Initié par Professeur Sandra C. Costa, Portugal. Mesure des interactions avec le robot : temps de jeu, tentatives de contact physique avec le robot, tentatives de contact verbal avec le robot, tentatives de contact verbal avec l’humain, capacité à refaire les jeux sans le robot

/ Ateliers

Le programme se déroule en 20 séances de 1 heure, alternant des séances de préparation et des séances de travail robotique. Pendant les séances de préparation, les enfants enregistrent leur voix racontant une histoire. Ils jouent l’histoire (réfléchissent aux gestes et aux émotions associés à la voix). Pendant les séances robotique, les enfants programment les gestes sur les robots, qui correspondent aux mots prononcés. Les fichiers son précédemment enregistrés sont joués par les robots. Une fois l’histoire entièrement racontée et jouée par les robots, un spectacle est organisé devant les parents et autres spectateurs connus et inconnus, en présence des enfants. Cette restitution, accompagnée d’un goûter, conclut le programme.

L’environnement des ateliers nécessite :

  • L’intervention de 4 personnes : un spécialiste robotique et un intervenant familier avec l’autisme par binôme.
  • Un espace dédié, où le matériel peut être stocké en toute sécurité. Il est très important que l’organisation de la salle de travail soit toujours la même, et le lieu toujours le même.
  • L’acquisition de 5 robots NAO et licences Chorégraphe associées. 3 robots seulement seront utilisés lors des ateliers robotiques, mais ce matériel est encore fragile et nécessite des retours réguliers en maintenance, aussi des robots de secours sont-ils absolument nécessaires. Tous les robots seront de la même couleur.
  • L’acquisition de trois ordinateurs identiques.
  • L’acquisition d’un système d’enregistrement de voix (dont logiciel de traitement des fichiers son)

/ Positionnement

Rob’Autisme propose donc de présenter le robot comme une extension et non un compagnon. L’extension ne dispose pas d’une personnalité préétablie et indépendante du sujet : elle prend automatiquement la personnalité de l’utilisateur. Elle lui obéit, et ne fera rien si l’utilisateur ne l’anime pas. Pour participer au projet dans sa forme actuelle, le sujet doit donc avoir des notions de lecture et d’écriture, qui lui permettront de programmer le robot et le faire s’exprimer à sa place. Cette approche se base sur la technique du danseur d’ombre (l’animateur des marionnettes à fils) : le sujet imprime un comportement et des paroles au robot, le robot bouge et s’exp

rime face à des spectateurs. Les spectateurs regardent le robot et non le sujet, qui est donc protégé et dans l’ombre. Sous cette protection, il peut faire dire et faire faire ce qu’il veut au robot, et s’exprimer librement.

Autre point important, il faut que l’enfant partage son robot, sa création, avec le monde. C’est ici le point qui fera basculer l’enfant de l’enfermement à la communication volontaire ! Plusieurs robots doivent donc absolument être utilisés en parallèle, par plusieurs danseurs d’ombres, et le robot doit être partagé entre plusieurs enfants. Ainsi, chaque groupe pourra partager les résultats de sa programmation avec les autres, et voir ce que les autres ont fait.

Cette approche présente plusieurs avantages :

  1. Pas de logiciel spécifique requis, outre le logiciel de programmation classique du robot (Chorégraphe d’Aldebaran Robotics). Ce logiciel détient des trames prédéfinies pour simplifier la programmation au glisser-déposer selon les envie et compétences des sujets
  2. Interactions directes et immédiates avec les autres sujets, en se montrant mutuellement les programmations réalisées
  3. Effets observables dès la première séance sur les capacités à communiquer : si le premier réflexe est de programmer pour soi, très vite le sujet programme pour montrer aux autres
  4. Apprentissage de compétences de programmation
  5. Amélioration immédiate des capacités d’écriture, car si les mots sont incorrects, la synthèse vocale du robot les prononcera mal
  6. Effets observables en dehors des séances dès la quatrième séance robotique
  7. Effets perdurent plusieurs mois après l’arrêt du programme
  8. Temps de concentration augmente visiblement de séance en séance (5 à 10 minutes de travail possible en début de programme, temps de travail limité à 45mn en fin de programme, les 15mn restantes de la séance étant réservées au jeu –faire parler le robot)

/ Analyses

Les résultats attendus : une modification globale du comportement social chez les sujets traités :

  • Amélioration de la communication volontaire
  • Augmentation du temps de concentration
  • Diminution des crises d’angoisse
  • Amélioration des notions de partage
  • Augmentation de l’attention à l’autre
  • Responsabilisation à travers l’appropriation de nouvelles compétences

/ Perspectives

Pour les résultats sur l’environnement des personnes traitées et de la communauté concernée :

  • Mise à disposition pérenne du programme Rob’Autisme au sein de l’association Robots !
  • Ouverture à tout public autiste de la région
  •  Exportation du protocole vers les autres régions
  • Accès gratuit à la thérapie
  • Implication des accompagnants
  • Rayonnement scientifique et médiatique

/ Rob’Autisme dans les médias

Prix et distinctions

  • Concours Femmes du digital Ouest 2016, prix Intrapreneuse décerné à Sophie Sakka pour le projet Rob’Autisme

Articles scientifiques

  • Rob’Autism: how to change autistic social skills in 20 weeks. S. Sakka, R. Gaboriau, J. Picard, E. Redois, G. Parchantour, L. Sarfaty, S. Navarro and A. Barreau. International Workshop on Medical and Service Robots (MESROB), 4-6 juillet 2016, Graz, Autriche. [pdf]

Conférences

  • 9 juillet 2016: « Rob’Autisme II« . Présentation des résultats de la seconde année du programme. MakerFaire Nantes.
  • 4 juin 2016 : « Rob’Autisme« . Conférence TEDxRennes. [Vidéo]
  • 3 mars 2016 : « Rob’Autisme, support des émotions des adolescents autistes« . Journées de recherche en psychiatrie de la SIP, « Première journée de la recherche en pédopsychiatrie ». Amphithéâtre Lemoine – Maternité CHU de Nantes – 38, Bd Jean Monnet, Nantes. Intervenants (16h) : Laura Sarfaty (Pédopsychiatre, référant CHU de Rob’Autisme), Rénald Gaboriau (Orthophoniste), EE.Redois (Infirmière), Jean Picard (Infirmier), Sophie Sakka (Présidente association Robots !)
  • 10 Octobre 2015 : « L’autiste et le robot : un conte urbain du 21e siècle ». Semaine de la science, Ecole Centrale de Nantes. Résumé: Depuis 2014, le CHU de Nantes, Stereolux, l’association Robots ! et l’École Centrale de Nantes ont fait se rencontrer des robots humanoïdes et un groupe de 6 jeunes autistes. De plus en plus d’expériences à base de robots humanoïdes sont réalisées pour apaiser le stress de l’autiste face à son intégration sociale. Le robot est un outil, c’est aussi un ami dépourvu de jugement et d’affect. C’est un réceptacle affectif pour l’enfant autiste qui peut lui dire, lui faire dire, lui faire et lui faire faire ce qu’il veut. C’est cette expérience de l’enfant et du robot qui sera partagée ici, remise dans un contexte international.Par Sophie SAKKA, Maître de Conférences à l’Université de Poitiers, chercheuse à l’IRCCyN (institut de recherche en communications et cybernétique de Nantes)–spécialité mouvement humain et humanoïde, chargée de mission CNRS en robotique et présidente de l’association Robots ! 

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