Rob’Zheimer propose un accompagnement utilisant des robots Nao (SoftBank Robotics) et basé sur la médiation culturelle et artistique. Les ateliers se déroulent sur 20 séances qui alternent 10 séances non robotiques dédié à la préparation du spectacle (enregistrement de la voix, constitution du décor, etc.) et 10 séances de programmation robotique. Un spectacle est préparé et présenté à un public plus large lors d’une 21ème séance.

Le projet Rob’Zheimer a pour objectif l’amélioration des capacités de communication et le développement de la qualité des interactions sociales individuelles et collectives de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées (MAMA). Le travail d’accompagnement thérapeutique effectué pendant les séances se concentre sur l’amélioration de trois niveaux de communication (individuelle, de groupe et sociétale), qui a pour effet la reconstruction identitaire des participants.

Le programme Rob’Zheimer a été initié à Nantes en 2017, collaboration entre l’association Robots !, la maison de retraite « Les Eglantines » et l’école d’ingénieurs Centrale Nantes. Dans cette collaboration, les ateliers robotiques se déroulent à la maison de retraite : l’association Robots ! met en place le protocole expérimental et le réalise, et la recherche est réalisée par Centrale Nantes, elle s’appuie sur les résultats des ateliers.

/ Ateliers

Le programme se déroule en 20 séances de 1 heure, alternant des séances de préparation et des séances de travail robotique. Pendant les séances dites préparatoires, les six résidents enregistrent leur voix racontant une histoire sur des fichiers son. Ils jouent l’histoire, réfléchissent aux gestes et aux émotions associés à la voix. Pendant les séances robotiques, les résidents programment les gestes des robots, qui correspondent aux mots prononcés. Les fichiers son précédemment enregistrés sont joués par les robots. Une fois l’histoire entièrement racontée et jouée par les robots, un spectacle est organisé devant la famille et autres spectateurs connus et inconnus des 6 participants. Cette restitution, accompagnée d’un apéritif dinatoire, conclut le programme.

L’environnement des ateliers nécessite :

  • L’intervention de 5 personnes : un animateur (spécialiste robotique ou sonore en fonction de l’atelier), trois accompagnants et un responsable de séance.
  • Deux salles dédiées, une aux ateliers préparatoires et l’autre pour les ateliers robotiques. Il est très important que l’organisation de la salle de travail soit toujours la même (pour fixer le cadre), et le lieu associé à une activité toujours le même.
  • Cinq robots NAO et licences Chorégraphe associées et maintenance. Trois robots seulement seront utilisés lors des ateliers robotiques, mais ce matériel est encore fragile et nécessite des retours réguliers en maintenance, aussi des robots de secours sont absolument nécessaires.
  • Trois ordinateurs avec souris, un système d’enregistrement de voix (dont logiciel de traitement des fichiers son), et autres éléments de création et d’animation.

/ Positionnement

Rob’Zheimer propose une alternative, actuellement unique au monde en considérant le robot comme une extension des utilisateurs, en quelque sorte une prothèse en communication. Le robot ne fera rien tant que l’utilisateur ne le programme pas. Cette approche permet de considérer chaque utilisateur comme acteur et doté de capacités, donc de le redéfinir en tant qu’individu contribuant (légitimité sociétale). Ici, les robots utilisés sont des humanoïdes NAO (possibilité de communiquer par la parole).

Le robot extension ne dispose pas d’une personnalité préétablie et indépendante du sujet : il prend automatiquement la personnalité de l’utilisateur. Il lui obéit, et ne fera rien si l’utilisateur ne l’anime pas. Pour participer au projet dans sa forme actuelle, le sujet doit donc avoir des notions de lecture et d’écriture, qui lui permettront de programmer le robot et le faire s’exprimer à sa place. Cette approche se base sur la technique du danseur d’ombre (l’animateur des marionnettes à fils) : le sujet imprime un comportement et des paroles au robot, le robot bouge et s’exprime face aux autres. Il y a un façonnement mutuel entre les éléments humains et non-humains. Les autres, spectateurs, regardent le robot et non le sujet, qui est donc protégé et dans l’ombre. Sous cette protection, il peut faire dire et faire faire ce qu’il veut au robot, et s’exprimer librement par l’utilisation de ce médiateur.

Cette approche présente plusieurs avantages :

  • Pas de logiciel spécifique requis, outre le logiciel de programmation classique du robot (Chorégraphe de SoftBank Robotics). Ce logiciel détient des trames prédéfinies pour simplifier la programmation au glisser-déposer selon les envie et compétences des sujets.
  • Interactions directes et immédiates avec les autres sujets, en se montrant mutuellement les programmations réalisées (valorisation par la performance).

Rob’Zheimer présente les originalités suivantes, en comparaison avec les approches classiques :

1) Utilisation du robot comme extension et non comme compagnon
2) Utilisation de trois robots en parallèle pour un groupe de six personnes
3) Programmation d’un robot par deux personnes
4) Partage des résultats avec les deux autres trinômes
5) Médiation robotique + médiation artistique
6) Durée du programme
7) Légitimité sociétale

/ Analyses

Les résultats observés : une modification globale du comportement social chez les résidents, ainsi qu’une reconstruction du lien entre résidents et soignants :

  • Amélioration de la communication volontaire
  • Diminution de l’apathie
  • Augmentation du temps de concentration
  • Diminution des crises d’angoisse
  • Amélioration des notions de partage
  • Augmentation de l’attention à l’autre
  • Responsabilisation à travers l’appropriation de nouvelles compétences
  • Augmentation des interactions sociales
  • Augmentation des activités

/ Rob’Zheimer dans les médias

Presse écrite et internet

/ Soutiens